Parler avec prudence
Une jeune femme racontait à son pasteur que ses parents avaient inventé un stratagème lorsqu'elle était encore toute jeune pour l'empêcher de parler tout le temps. Ils lui ont dit que les personnes n'ont qu'une certaine quantité de mots à prononcer durant leur vie, et lorsque ceux-ci sont épuisés, c'est la mort qui vient. Ainsi, cette jeune fille a développé en grandissant l'habitude d'employer les mots avec modération. Elle disait à son pasteur qu'elle passait souvent un jour entier sans dire un seul mot et qu'à la fin de la journée elle pensait en elle-même : « J'ai ajouté un jour supplémentaire à ma vie! » Cette jeune femme semble avoir survécu au tour rusé de ses parents, celui-ci n'ayant qu'affecté légèrement sa vie. Il semble qu'elle n'est jamais embarrassée par tous les mots qu'elle emploie aujourd'hui.
Personnellement, je ne recommanderais jamais ce genre de stratégie aux parents pour leurs enfants, cependant, c'est une très bonne idée d'apprendre à nos enfants, en le pratiquant nous-mêmes, l'art de parler avec prudence! En fait, notre capacité ou incapacité à bien contrôler notre langue déterminera, plus que toute autre chose, notre niveau de relations avec les autres. Avant de parler, il y a certaines choses que nous devrions considérer.
Premièrement, si ce que je veux dire servira à édifier ou à blesser les autres! Un homme avait été invité pour un souper chez des amis et ils ont commencé à discuter de la musique Chrétienne. Une dame a fait mention d'un artiste et a dit, « C'est lui que j'aime le plus. Je suis vraiment béni quand j'écoute sa musique. » Une autre personne qui était à la même table lui a alors mentionné : « Oh! Vraiment? Et bien, une personne dans mon église faisait partie d'un groupe de 12 personnes au prise avec la gloutonnerie et ce chanteur faisait partie du groupe. Saviez-vous qu'il est boulimique? Il mange à l'excès et se fait vomir depuis qu'il est adolescent. »
Cette personne n'était pas obligée de dire cela! Juste parce que nous savons quelque chose au sujet de quelqu'un, même si c'est vrai, ne signifie pas que nous devons le dire! Si un jour, cet artiste Chrétien décide publiquement de parler de sa lutte avec la nourriture, ce sera son choix! Jusque là, c'est son affaire personnelle. Le problème avec le commérage est qu'il a bien des chances que ce ne soit pas complètement vrai. Le commérage a tendance à se déformer au fur et à mesure que l'information passe d'une personne à l'autre.
Deuxièmement, je devrais considérer si je connais vraiment tous les faits entourant ce que je vais dire! Le samedi 27 juillet 1996, au neuvième jour des Jeux Olympiques d'Atlanta, une violente explosion se produisit dans le parc du Centenaire, situé en plein coeur d'Atlanta, un lieu très fréquenté où les touristes et les jeunes se retrouvaient pour faire la fête depuis le début des Jeux. La panique s'empare de tout le monde. L'attentat fera un mort et plus de 110 blessés. La vigilance des forces de sécurité --plus de 35.000 personnes-- a été prise en défaut dans un endroit et à un moment où on s'y attendait le moins. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d'évacuation ne seront prises qu'après l'alerte donnée par le garde Richard Jewell, qui avait alerté les forces de sécurité après avoir aperçu un sac suspect. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu'il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité.
Comme il est typique dans tels événements, le FBI a développé des soupçons sur Richard Jewell et a commencé à le considérer comme suspect dans cet attentat. Le FBI faisait simplement son travail; il se devait de soupçonner chacun. Mais les médias se sont saisis de l'histoire, et ont commencé à imprimer une histoire empaquetée d'insinuations et de commentaires induisant en erreur. Le 27 juillet, après avoir remarqué la bombe dans le Park d'Atlanta, Richard Jewell était un héros national. Vers le 30, il devenait un psychopathe, et un assassin très convaincant.... Même Tom Brokaw de NBC a compromis sa crédibilité en disant, « Ils en savent probablement assez pour l'arrêter tout de suite, assez probablement pour le poursuivre. Mais vous en voulez toujours assez pour vous convaincre! » Le procureur fédéral d'Atlanta, Kent Alexander, a lavé Richard Jewell de tout soupçon! Quelques agences de presse, incluant la NBC, se sont arrangées avec Richard Jewell pour une somme d'argent non divulguée, plutôt que de passer par l'humiliation d'un procès public, pour avoir sali d'une manière injustifié la réputation de Richard Jewell.
Cet événement nous apprend certaines choses. Premièrement, ce n'est pas parce que Tom Brokaw ou n'importe qui d'autre dit quelque chose que c'est nécessairement vrai. Deuxièmement, nous pouvons faire beaucoup de dégâts en parlant sans connaître tous les faits et certains des dégâts peuvent nous revenir en pleine face! Nous devons penser d'abord et parler ensuite. Assurons-nous d'abord que nous avons tous les faits.
Troisièmement, considérons si c'est la meilleure façon de partager ce que nous voulons dire! Nos paroles auront plus de poids si nous faisons l'effort de bien les dire. Ça prend un « effort » et beaucoup de réflexion pour dire les vraies choses de la bonne façon et au bon moment.
Un policier avait arrêté un homme pour excès de vitesse sur une route déserte. Parce que la route était claire et le temps excellent, le policier leur a dit qu'il leur donnait seulement un avertissement. Il a même complimenté l'homme et sa femme parce qu'ils portaient leurs ceintures de sécurité. C'est à ce moment précis que la femme s'est penchée et lui a dit : « Bien, officier, quand vous conduisez à toutes vitesses, vous devriez également porter votre ceinture de sécurité! » C'est à ce moment-là que le policier a décidé de leur donner, après tout, la contravention.
C'est un bon exemple qui montre que même si les choses sont vraies, on n'est pas nécessairement obliger d'en parler, et si nous devons parler, il faut dire les vraies choses de la bonne façon et au bon moment!
Même si ce n'est pas vrai que Dieu nous donne seulement un certain nombre de mots à dire au cours de notre durée de vie, après quoi nous mourrons, il est cependant vrai qu'il y a un danger à trop parler, particulièrement quand nous parlons avant de réfléchir. Je n'ai pas besoin de faire le voeu de silence, mais je devrais néanmoins penser d'abord et parler ensuite.