Comment regardons-nous les autres?
Au tournant du dix-neuvième siècle, l'astronome le plus distingué mondialement était certain qu’il y avait des canaux sur Mars. Monsieur Percival Lowell (1855-1916), très estimé pour son étude du système solaire, avait une fascination particulière pour la Planète Rouge. Après avoir entendu, en 1877, qu'un astronome italien avait vu des lignes droites s’entrecroisant à la surface martienne, Lowell passa le reste de sa vie dans l'oculaire de son télescope géant en Arizona, dressant la carte des canaux qu'il voyait. Il développa la conviction que ces canaux étaient la preuve d’une vie intelligente sur Mars, probablement une race plus vieille, mais plus sage que l'humanité. Les observations de Lowell ont gagné un large assentiment. C’était un homme si éminent, que personne n'avait osé le contredire.
Aujourd'hui, bien sûr, les choses sont différentes. Les explorations spatiales ont orbité la planète Mars et se sont même posé sur sa surface. Une carte de la planète entière a été dressée et personne n'a vu de canaux. Comment Lowell a-t-il pu « voir » de manière aussi sûre ce qui n’existait pas? En fait, il y a deux possibilités : d'un côté, il a tellement désiré voir des canaux qu'il a fini par en voir, et cela à maintes reprises; mais nous savons maintenant qu'il souffrait d'une maladie oculaire rare qui lui faisait voir les vaisseaux sanguins dans son propre oeil. « Les canaux » Martiens qu'il a vus n'étaient rien de plus que les veines renflées de ses globes oculaires. Aujourd'hui, on connaît la maladie comme « le syndrome de Lowell. »
Quand Jésus (Mat. 7:1-3) nous avertit que « nous serons jugés de la même manière dont nous aurons jugé les autres » en voyant « la sciure de bois » dans leur œil sans remarquer la planche dans le notre; ne pouvait-il pas se référer à l'équivalent spirituel du syndrome de Lowell? À plusieurs reprises, nous « voyons » des fautes chez les autres parce que nous ne voulons pas croire qu’il peut exister, quelque chose de mieux les concernant. Et plus souvent qu’à l’ordinaire, nous pensons que nous avons une vision de premier plan de leurs défauts, quand en fait notre vision est déformée par notre propre maladie. (Citation provenant du Readers Digest par Glenn W. McDonald ; trouvé dans le site : www.bible.org)
L’apôtre Paul n’a-t-il pas reproché la même faute aux juifs dans sa lettre aux Romains? Il leur a dit : « Permettez-moi de vous demander : vous prétendez instruire les autres, auriez-vous oublié de vous enseigner vous-mêmes? Vous prêchez aux autres : Il ne faut pas voler! Ne vous est-il jamais arrivé de prendre ce qui ne vous appartenait pas? Vous dénoncez l’adultère! Qu’en est-il de votre pureté en pensées et en actes? Êtes-vous si sûrs de votre fidélité conjugale? Vous avez horreur des idoles. D’où viennent celles qu’on voit chez vous? Pourquoi pillez-vous leurs temples? N’avez-vous pas fait de l’argent votre idole, au point de ravir à Dieu ce qui lui revient? » (Rom.2.20-22; Parole Vivante)
Jacques souligne les mêmes choses dans sa lettre : il nous dit : « Ne parlez point mal les uns des autres, frères. Celui qui parle mal d’un frère, ou qui juge son frère, parle mal de la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu n’es pas observateur de la loi, mais tu en es juge. Un seul est législateur et juge, c’est celui qui peut sauver et perdre; mais toi, qui es-tu, qui juges le prochain? » (4.11-12)
Le dictionnaire biblique le souligne de cette façon : « Le juge a pour fonction essentielle de se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence des accusés. Pour cela, il bénéficie de sa formation, de son expérience, des dépositions des témoins, éventuellement des preuves rassemblées, des conseils de ses assistants... La plupart de ces éléments font défaut aux juges improvisés qui s’arrogent le droit de prononcer un jugement sur autrui. C’est pourquoi Jésus nous avertit de ne pas juger, car vous serez jugés avec la mesure que vous aurez appliquée aux autres »
Est-ce à dire que les chrétiens ne peuvent pas se prononcer contre le péché ou prendre position pour la justice? Non! Les chrétiens sont appelés à juger les péchés des membres de l’Église, mais dans les règles!
Jésus a établi la procédure à suivre dans ces cas en Matthieu 18.15-18 : « S’il arrive à ton frère de commettre un péché, va le trouver, parle en tête à tête avec lui et montre-lui sa faute. S’il se laisse convaincre, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, reviens le voir en prenant avec toi une ou deux autres personnes, pour que tout ce qui sera dit soit appuyé sur les déclarations de deux ou de trois témoins. S’il refuse de vous écouter, dis-le à l’Église. S’il refuse même d’écouter l’Église, mets-le sur le même plan que les incroyants et les gens avec qui vous évitez toute relation. » Le but est de « gagner le frère », de lui pardonner et le rétablir dans toutes ses prérogatives.
Mais, ce n’est pas ce que Jésus enseigne dans son sermon sur la montagne (Matthieu 7.1)! Il ne s’agit pas dans cet enseignement d’un jugement en rapport avec un péché que l’église a besoin de condamner; mais de l’esprit de jugement entre frère!
Mais ce que Jésus veut surtout souligner dans cette portion de son sermon sur la montagne, c’est la façon dont nous pouvons aider les autres avec ce qui peut faire défaut dans leur vie sans esprit de jugement de notre part.
En fait, c’est la qualité de notre vision qui fait toute la différence! Jésus nous enseigne certaines choses dans cette partie de son sermon qu’il serait bon de méditer. Voilà ce que j’aimerais vous inviter à découvrir avec moi dans la prédication de cette semaine. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur : « Écoutez-la maintenant ». Que Dieu vous bénisse.
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Vous pouvez écouter l'intégrale de cette réflexion en MP3.