L'institution de la cène
Un des livres, après la Bible, le plus répandu dans le monde est sans aucun doute « Le voyage du Pellerin » de John Bunyan. C’est un homme qui a marqué son époque. Il est né en Angleterre en 1628, dans un petit village situé à une demi-heure de Bedford. Ses parents étaient pauvres. Il a appris le métier de son père, Thomas Bunyan, qui était rétameur de casseroles.
Il nous raconte lui-même dans son autobiographie, intitulée « Grâce abondante pour le premier des pécheurs » que très tôt dans sa vie, il se laissa entraîner à toutes sortes de fautes et d’actions répréhensibles. Il devint très vite le chef des enfants du village pur les jurements, les mensonges, la maraude et la contrebande. C’est par d’étranges chemins, et après bien des combats et des luttes spirituelles, qu’il devait arriver à être un serviteur de Dieu ferme et convaincu. Il eut une activité bénie, par sa parole et par ses écrits qui sont devenus de grands classiques de la littérature chrétienne.
Il fut emprisonné douze années à cause de son ministère, entre 1661 et 1672. C’est au cours de ces emprisonnements, entre 1960 et 1965, qu’il a écrit ses soixante livres d’édification les plus renommés, dont le plus connu, « Le voyage du Pellerin ». Il est traduit en plus de cent vingt langues. Employant un langage figuratif, John Bunyan y décrit le cheminement de la vie chrétienne. Le personnage principal porte le nom « figuratif » de Chrétien. J’aimerais vous en citer un extrait.
« Comme je voyageais par le désert, j'arrivai dans un lieu où il y avait une caverne. Je m'y couchai pour prendre un peu de repos, et, m'étant endormi, je vis en songe un homme vêtu d'habits sales et déchirés. Il était debout, tournant le dos à sa propre maison. Il avait un livre à la main, et il était chargé d'un pesant fardeau. Je vis ensuite qu'il ouvrit le livre et qu'il y lisait. Bientôt, il se mit à pleurer et à trembler, de sorte qu'étant tout effrayé, il s'écria d'un ton triste et plaintif : « Que faut-il que je fasse ? »… Dans ce moment, je vis un homme, dont le nom était Évangéliste, qui s'approcha de lui et qui lui demanda pourquoi il poussait des cris si lamentables. Monsieur, lui répondit-il, je vois par le livre que j'ai entre les mains que je suis condamné à la mort, et qu'ensuite je dois comparaître en jugement. Je ne saurais me résoudre à la première, et ne suis nullement préparé au dernier… Là-dessus, l'Évangéliste lui donna un rouleau de parchemin où étaient écrites ces paroles : « Fuyez la colère à venir ». Le chrétien lut ce rouleau, et aussitôt il demanda à l'Évangéliste, en le regardant tristement : Où est-ce donc qu'il faut fuir ? Alors, l'Évangéliste, étendant la main, lui dit : Voyez-vous bien, de ce côté-là, une petite porte étroite ? Cet homme lui répondit : Non. L'Évangéliste lui dit : Ne voyez-vous pas, du moins, une lumière brillante au milieu de l'obscurité ? Il me semble, répliqua-t-il, que je la vois. Eh bien ! dit l'Évangéliste, attachez uniquement les yeux sur cette lumière, marchez droit vers elle, et alors vous verrez bientôt la porte étroite. Quand vous frapperez, on vous dira ce que vous aurez à faire. »
Chrétien y fait un pèlerinage, et rencontre tout au long du chemin étroit qu’il suit toutes sortes de personnages « figuratifs » : Obstiné, Découragement, Secours, Mondain, Fidèle… Le but de cette dramatisation est d’enseigner les réalités de la marche chrétienne.
De la même façon, lorsque Jésus a institué la cène, il a d’une manière « figurative » non seulement accentuée sa mort, mais les réalités et les implications qu’elle renfermait pour la vie de tous ses disciples. Voilà ce que j’aimerais vous inviter à découvrir avec moi dans la prédication de cette semaine. Vous pouvez entendre la présentation audio en cliquant sur : « Écouter l’intégrale »