La mise à l’épreuve
Maurice Ray a écrit dans le quatrième volume de sa « Théologie pastorale », publiée dans les années 80, que « Le mal sur la terre est l’œuvre de l’homme. Cependant, en beaucoup de ses aspects, Satan en est l’initiateur, l’inspirateur. » Satan met tout en œuvre pour nous déstabiliser dans notre relation avec Dieu. Il utilise pour le faire la séduction sur toutes ses formes, telles que la convoitise de la chair et des yeux, sans oublier l’orgueil de la vie. Lorsque cela ne fonctionne pas, il cherche à nous intimider par des épreuves de toutes sortes. La souffrance fait partie de ses efforts à ébranler notre foi en Dieu. Dans toutes ses attaques à notre égard, ce qui l’aide le plus est notre ignorance le concernant ! J’aimerais donc vous en donner un exemple, par les expériences d’une personne qui ne comprend pas ce qui arrive dans sa vie : Job, un homme possédant une foi profonde en Dieu. Nous pourrons ainsi mieux saisir les enseignements de Paul dans son épître aux Éphésiens.
Auparavant, j’aimerais vous citer comme introduction les paroles de Eliezer Wiesel, un écrivain américain de langue française, né à Sighet en Roumanie le 30 septembre 1928. Il est un survivant du camp de concentration nazie d'Auschwitz où il fut déporté à l'âge de 15 ans. Il a écrit six livres consacrés aux questions vertigineuses de cet événement. Voici ce qu’il raconte dans son livre « La nuit » :
Un jour que nous revenions du travail, nous vîmes trois potences dressées sur la place d'appel...Trois condamnés enchaînés — et parmi eux, le petit Pipel, l'ange aux yeux tristes. Les S.S. paraissaient plus préoccupés, plus inquiets que de coutume. Pendre un gosse devant des milliers de spectateurs n'était pas une petite affaire. Le chef du camp lut le verdict. Tous les yeux étaient fixés sur l'enfant. Il était livide, presque calme, se mordant les lèvres. L'ombre de la potence le recouvrait. Les trois condamnés montèrent ensemble sur leurs chaises. Les trois cous furent introduits en même temps dans les nœuds coulants. Vive la liberté ! crièrent les deux adultes. Le petit, lui, se taisait. « Où est le bon Dieu, où est-il ? » demanda quelqu'un derrière moi... Les deux adultes ne vivaient plus. Leur langue pendait, grossie, bleutée. Mais la troisième corde n'était pas immobile ; si léger, l'enfant vivait encore... Plus d'une demi-heure, il resta ainsi à lutter entre la vie et la mort, agonisant sous nos yeux. Et nous devions le regarder bien en face. Il était encore vivant lorsque je passai devant lui. Sa langue était encore rouge, ses yeux pas encore éteints. Derrière moi, j'entendis le même homme demander : « Où donc est Dieu ? » Et je sentais en moi une voix qui lui répondait : « Où il est ! » Le voici, il est pendu ici, à cette potence... Or, si Nietzsche pouvait crier au vieillard de la forêt que « Dieu est mort », le juif en moi ne le peut pas. Je me suis élevé contre Sa justice, j'ai protesté contre Son silence, parfois contre Son absence, mais ma colère s'élevait à l'intérieur de la foi, non au dehors... Je l'ai écrit ailleurs : Auschwitz n'est concevable ni avec Dieu, ni sans Dieu. Peut-être comprendrai-je un jour le rôle de l'homme dans le mystère que représente Auschwitz ; mais celui de Dieu, je ne le comprendrai jamais. (Tiré du site Web : users.swing.be/paul-marvaux/wiesel.html)
La souffrance humaine constitue un des plus grands problèmes de l’homme. Notre tendance naturelle est de se questionner sur la non-intervention de Dieu pour la contrer ; surtout lorsqu’elle tombe sur des personnes qui n’ont pas l’aire de la mériter, leur vie semblant être constamment alignée sur l’obéissance à Dieu. Alors, nous nous posons toutes sortes de questions : Pourquoi Dieu n’intervient-il pas ? Pourquoi ne répond-il pas à nos prières ? Qu’avons-nous fait pour mériter cela ?
C’est à ces questions que j’ai désiré m’attacher dans la prédication de cette semaine, mais surtout aux réponses que nous donne la Parole de Dieu ! Vous pouvez entendre la présentation audio en cliquant sur : « Écouter l’intégrale » Que Dieu vous bénisse.
Écouter
Vous pouvez écouter l'intégrale de cette réflexion en MP3.