La crédibilité de l’apôtre Jean
La crédibilité d’un auteur, vous en conviendrez, est importante. Ceux qui ont écrit les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament ne sont pas des auteurs crédibles seulement en raison de la provenance de leurs écrits. Nous avons tendance à évaluer leur crédibilité à partir du fait qu’ils sont des témoins oculaires en relation avec ce qu’ils ont reçu de Dieu ou de ce qu’ils ont vu et entendu. Toutefois, j’aimerais mettre en évidence qu’ils l’étaient surtout par leur vie. La plupart ont préféré mourir pour leur conviction plutôt que de renier ce qu’ils avaient enseigné. C’est surtout leur vie qui a accrédité leurs enseignements et leurs écrits. L’apôtre Jean n’échappe pas à cette règle.
L’arrière-plan de cette lettre sur l’Apocalypse se situe sous le règne de l’empereur Domitien (24 octobre 51 – 18 septembre 96), qui régna de 81 à 96 après Jésus-Christ. C’est surtout cet arrière-plan qui donne toute sa crédibilité à l’apôtre Jean. Le règne de cet empereur est l'un des plus contestés de l'histoire impériale. Il est orgueilleux, méfiant, jaloux et cruel. À la fin de sa vie, il fait plaquer les parois de son palais de miroirs lui permettant de voir tout ce qui se passe autour et derrière lui pour parer à un éventuel attentat. Sa démesure indispose le Sénat lorsqu’il se fait appeler seigneur et dieu, empereur très saint et même parfois Jupiter. Il ordonne une cruelle persécution contre les chrétiens, qui refusent de contribuer à la reconstruction du temple du Capitole, dédié à Jupiter. Parmi les nombreux martyrs qui ont souffert pendant cette persécution se trouvait Siméon, l'évêque de Jérusalem, qui a été crucifié ; et l’apôtre Jean fut pour sa part, selon Tertullien, amené à Rome pour être présenté à l'empereur Domitien qui l'avait envoyé quérir. Jean lui montra que sa foi en Jésus-Christ était plus forte que toutes les puissances terrestres. Il aurait alors subi, toujours selon Tertullien, le supplice de l'eau bouillante, après quoi l'empereur l'envoya en exil sur l'île de Patmos en 95. Domitien a établi une loi qui disait, « aucun chrétien, une fois qu’il est traduit devant le tribunal, ne peut être exemptée de la punition sans renoncer à sa religion. »
Ainsi, à la fin du premier siècle, le christianisme était considéré comme une secte religieuse qu’on haïssait pour différentes raisons. Les chrétiens avaient besoin un grand besoin d’être encouragés et ravivés dans leur espérance. Jésus était monté au ciel depuis plus de 50 ans et il n’était toujours pas revenu comme il l’avait promis. Plusieurs dans l’Église n’aimaient plus le Seigneur Jésus comme au début ; un grand nombre faisaient face à toutes sortes de calomnies et de souffrances à cause de leur foi ; plusieurs Églises laissaient s’infiltrer en leur sein des doctrines malveillantes ; quelques-unes passaient pour être vivantes, mais, en réalité, elles s’étaient endormies parmi les morts ; d’autres croyaient s’être enrichies spirituellement sans prendre conscience de leur pauvreté devant Dieu ; quoique plusieurs suivaient encore fidèlement les instructions du Seigneur et lui restait fidèlement attachés. Tous les apôtres, sauf Jean, étaient morts martyrs et Jean était exilé sur l’île de Patmos. Tout semblait aller mal pour les chrétiens.
C’est dans ce contexte que l’apôtre Jean reçut la révélation qu’il a écrite dans ce livre de l’apocalypse. Toutes les Églises qui ont reçu cette lettre ont reconnu sa crédibilité. J’aimerais donc vous inviter à découvrir avec moi cette crédibilité dans cette prédication. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur : « Écoutez-la maintenant ». Que Dieu vous bénisse !
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